{"id":439,"date":"2025-06-04T23:26:10","date_gmt":"2025-06-04T21:26:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ecoapres.fr\/?p=439"},"modified":"2025-06-05T14:10:59","modified_gmt":"2025-06-05T12:10:59","slug":"publicite-les-maisons-dedition-a-lassaut-des-reseaux-sociaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecoapres.fr\/?p=439","title":{"rendered":"Publicit\u00e9 : les maisons d\u2019\u00e9dition \u00e0 l\u2019assaut des r\u00e9seaux sociaux"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"647\" src=\"https:\/\/ecoapres.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Illustration-1-1024x647.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-445\" srcset=\"https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Illustration-1-1024x647.png 1024w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Illustration-1-300x190.png 300w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Illustration-1-768x485.png 768w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Illustration-1.png 1071w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><strong>Dans ses enqu\u00eates, le Centre National du Livre affirme r\u00e9guli\u00e8rement que les 18-34 ans lisent moins que leurs a\u00een\u00e9s et passent plus de temps devant les \u00e9crans. En r\u00e9alit\u00e9, ces g\u00e9n\u00e9rations comptent plus de lecteurs qu\u2019on ne le pense comme le souligne r\u00e9guli\u00e8rement dans ses articles Romain Gaillard, responsable du centre national de la litt\u00e9rature pour la jeunesse. Mais qui aurait pu pr\u00e9voir que l\u2019attention des jeunes g\u00e9n\u00e9rations sur les r\u00e9seaux sociaux deviendrait un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la strat\u00e9gie marketing et digitale des maisons d&rsquo;\u00e9dition ? Une nouvelle \u00e9conomie est n\u00e9e. Plongez au c\u0153ur de vos \u00e9crans pour comprendre la publicit\u00e9 digitale des livres<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Le num\u00e9rique : nouvel enjeu publicitaire des maisons d\u2019\u00e9dition<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des recommandations de livres sur Babelio aux publicit\u00e9s Google en passant par les contenus sponsoris\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux, la publicit\u00e9 des livres est partout sur le web. Pour s&rsquo;adapter \u00e0 cette publicit\u00e9 num\u00e9rique, les maisons d\u2019\u00e9dition recrutent, investissent et d\u00e9veloppent de nouvelles formes de publicit\u00e9s notamment sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une jeune femme dans la for\u00eat, un couteau ensanglant\u00e9, une maison abandonn\u00e9e. Vous \u00eates peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9 sur ces <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/reel\/DHBhPaEtrwk\/?utm_source=ig_web_copy_link\">bandes-annonces de livres<\/a> sur Instagram. Tournage, acteurs, voix-off, tout y est. Voil\u00e0 comment Mera Editions annonce la sortie en librairie du nouveau livre d\u2019Alicia Sinicka, <em>La fleuriste,<\/em> autrice polonaise connue pour ces thrillers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em> Un livre est un produit qui doit \u00eatre vendu gr\u00e2ce \u00e0 une bonne strat\u00e9gie marketing<\/em> \u00bb affirme J\u00e9r\u00f4me Delattre, cofondateur de cette maison d\u2019\u00e9dition sp\u00e9cialis\u00e9e dans les romans policiers et les thrillers en traduction. Pour cibler les profils des lecteurs susceptibles d\u2019\u00eatre int\u00e9ress\u00e9s par les auteurs que J\u00e9r\u00f4me Delattre promeut, il analyse les comportements des consommateurs sur les r\u00e9seaux sociaux. Gr\u00e2ce \u00e0 sa formation de d\u00e9veloppeur web, il est capable \u00ab <em>d\u2019appliquer des techniques d\u2019agence web \u00e0 sa maison d\u2019\u00e9dition<\/em> \u00bb. En tant que webmarketeur, il \u00e9crit et r\u00e9alise les bandes-annonces de livres. Dans ce secteur \u00e9mergent, ceux qui ont trouv\u00e9 les bonnes m\u00e9thodes veulent les garder. J\u00e9r\u00f4me Delattre pr\u00e9f\u00e8re rester discret sur ses m\u00e9thodes et son business mod\u00e8le car \u00ab <em>peu d\u2019\u00e9diteurs utilisent les m\u00e9tadonn\u00e9es comme moi <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une recette qui fonctionne : depuis fin 2022, le chiffre d\u2019affaires de Mera Editions a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par quatre en faisant 16% de ventes suppl\u00e9mentaires sur les livres num\u00e9riques et 67% sur les livres papiers. Ce succ\u00e8s se ressent aussi sur le compte Instagram. 1000 abonn\u00e9s en 2024, la maison d&rsquo;\u00e9dition en compte d\u00e9sormais 6123. Cette activit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux assure son mod\u00e8le \u00e9conomique mais elle a un co\u00fbt et repr\u00e9sente 10 \u00e0 15% de ses d\u00e9penses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u201cLe digital, c\u2019est un levier de dingue\u201d<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u00e9r\u00f4me Delattre n\u2019est pas le seul \u00e0 utiliser la publicit\u00e9 digitale pour vendre des livres. Depuis les ann\u00e9es 2020, les maisons d\u2019\u00e9dition s\u2019adaptent \u00e0 cette nouvelle publicit\u00e9 num\u00e9rique. \u00ab <em>Elles cherchent \u00e0 cr\u00e9er des postes de community manager pour approcher des influenceurs et faire conna\u00eetre les livres<\/em> \u00bb pr\u00e9cise une responsable du <a href=\"https:\/\/www.sne.fr\/\">Syndicat national de l\u2019\u00e9dition<\/a>. Pour les professionnels du livre, les r\u00e9seaux sociaux sont le \u00ab <em>le nouvel enjeu publicitaire<\/em> \u00bb. Par exemple, chez <a href=\"https:\/\/www.hugopublishing.fr\/\">Hugo Publishing<\/a>, l\u2019\u00e9quipe d\u00e9di\u00e9e au digital a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 agrandie avec actuellement huit collaborateurs. Plusieurs maisons d\u2019\u00e9ditions interrog\u00e9es affirment qu\u2019elles ont besoin de renforcer leurs \u00e9quipes digitales mais ne le font pas par manque de moyens.<\/p>\n\n\n\n<p>Preuve de la nouveaut\u00e9 de ce m\u00e9tier, les \u00e9ditions <a href=\"https:\/\/www.editions-iconoclaste.fr\/\">L\u2019Iconoclaste<\/a> cr\u00e9\u00e9e en 1998 ont recrut\u00e9 Alice Huguet en 2020 et cr\u00e9\u00e9 pour elle un poste de directrice de la communication digitale. Issue du monde de la publicit\u00e9 en agence, elle avait d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 sur le digital pour promouvoir d\u2019autres produits culturels notamment le cin\u00e9ma et l&rsquo;\u00e9v\u00e9nementiel. Alice Huguet a mis ses comp\u00e9tences au service des livres pour d\u00e9velopper une strat\u00e9gie et les contenus digitaux de la maison d\u2019\u00e9dition. Avec seulement une vingtaine de livres publi\u00e9s par an, L\u2019Iconoclaste se d\u00e9marque dans le milieu de l\u2019\u00e9dition pour proposer des auteurs tri\u00e9s sur le volet et chouchout\u00e9s par leurs \u00e9diteurs. Les \u00e9quipes commerciales et marketing portent une attention particuli\u00e8re \u00e0 chaque projet pour d\u00e9finir une strat\u00e9gie digitale sur mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez L\u2019Iconoclaste, le mod\u00e8le est bien r\u00e9gl\u00e9, pas plus de trois livres sont publi\u00e9s \u00e0 la rentr\u00e9e litt\u00e9raire de septembre. Parmi eux cette ann\u00e9e 2024, <em>C\u00e9l\u00e8bre<\/em> de Maud Ventura. Apr\u00e8s le succ\u00e8s de son premier livre, <em>Mon mari<\/em>, vendu \u00e0 plus de 300 000 exemplaires, le deuxi\u00e8me roman de cette jeune autrice \u00e9tait tr\u00e8s attendu. \u00c0 cette occasion, il aura suffit de 154 euros pour qu\u2019Alice Huguet lance une campagne de publicit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux du groupe Meta, Instagram et Facebook. Quelques semaines avant la date de sortie du livre, la publicit\u00e9 est diffus\u00e9e pendant 17 jours et propose un lien de pr\u00e9commande. Cette campagne revient \u00e0 9 euros par jour et c\u2019est avec cette somme qu\u2019Alice Huguet produit une publicit\u00e9 distribu\u00e9e 126 000 fois pendant deux semaines et demie. Au total, 66 000 personnes sont touch\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019elles ont au minimum vu la couverture du livre. Le d\u00e9fi c\u2019est que le public clique sur <em>\u00ab en savoir plus \u00bb<\/em> qui m\u00e8ne au lien de pr\u00e9commande. Avec ce contenu, Alice Huguet a suscit\u00e9 4 400 clics sur \u00ab <em>en savoir plus<\/em> \u00bb. \u00ab <em>\u00c7a c\u2019est une campagne qui a vraiment cartonn\u00e9 <\/em>\u00bb pr\u00e9cise-t-elle avant d\u2019ajouter \u00ab <em>par rapport au budget, le digital, c\u2019est un levier de dingue <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>4 400 clics, 154 euros, 17 jours de publicit\u00e9 mais combien de livres vendus ? Il est impossible de savoir combien de personnes ont pr\u00e9command\u00e9 le livre gr\u00e2ce \u00e0 cette publicit\u00e9. \u00ab <em>C\u2019est comme une campagne de m\u00e9tro, on sait que \u00e7a se voit et qu\u2019on fait de l\u2019image, mais on ne distingue pas les internautes qui ont cliqu\u00e9 pour conna\u00eetre la date de sortie ou regarder la quatri\u00e8me de couverture <\/em>\u00bb ajoute la directrice de la communication digitale de L\u2019Iconoclaste. Il n\u2019y a pas d\u2019indicateurs de mesure comme il peut y en avoir pour les \u00ab <em>codes promo <\/em>\u00bb propos\u00e9s par les influenceurs gr\u00e2ce auxquels on peut obtenir le nombre de ventes finalis\u00e9es avec le code sur le site marchand.<\/p>\n\n\n\n<p>La publicit\u00e9 digitale ne sert pas qu\u2019\u00e0 faire vivre des nouveaux livres, elle peut lancer la sortie d\u2019un format poche et permettre de faire vivre le \u00ab <em>fonds<\/em> \u00bb d\u2019une maison d\u2019\u00e9dition. Ce sont les livres publi\u00e9s il y a plus d\u2019un an. Pour continuer de les vendre, les maisons d\u2019\u00e9dition misent sur des op\u00e9rations commerciales dont la promotion est en partie faite sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u201cOn paye META\u201d<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour diffuser la publicit\u00e9 digitale \u201c<em>on paye META<\/em>\u201d affirme Alice Huguet. Le g\u00e9ant du web poss\u00e8de Facebook et Instagram, deux r\u00e9seaux sociaux tr\u00e8s utilis\u00e9s par les maisons d\u2019\u00e9ditions qui payent pour y distribuer des sponsorisations. Sur Facebook, la campagne d\u2019un livre avec trois vid\u00e9os \u00ab <em>tourne pendant trois semaines pour 200 \u00e0 300 euros auxquels s&rsquo;ajoutent les co\u00fbts de production de la vid\u00e9o <\/em>\u00bb pr\u00e9cise Anne-Sophie Richard, responsable de la communication digitale de la collection Proche, collection de livres de poche des \u00e9ditions Les Ar\u00e8nes et L\u2019Iconoclaste. Il y a des placements qui sont plus chers que d\u2019autres. En 2024, les <em>reels <\/em>ont explos\u00e9 sur les r\u00e9seaux. Ces vid\u00e9os tr\u00e8s courtes, de quelques secondes \u00e0 1 minute 30 secondes, sont plus chers \u00e0 \u00ab <em>placer <\/em>\u00bb puisqu\u2019elles sont valoris\u00e9es par la plateforme et promettent une audience consid\u00e9rable.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif des responsables de la publicit\u00e9 digitale, comme J\u00e9r\u00f4me Delattre, Alice Huguet et Anne-Sophie Richard, est de maximiser le taux de conversion de leur contenu sponsoris\u00e9 : il faut que la visibilit\u00e9 de la publicit\u00e9 se transforme en clics puis en achats. Pour y parvenir, les responsables digitaux d\u00e9finissent un \u00ab <em>public cible<\/em> \u00bb en fonction du th\u00e8me du livre. Par exemple, pour un ouvrage de Julia Kerninon, Alice Huguet demande au business manager de META de viser les \u00ab<em> femmes entre 30 et 45 ans qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la maternit\u00e9, \u00e0 la litt\u00e9rature et \u00e0 des histoires de femmes <\/em>\u00bb. Il faut aussi choisir le mod\u00e8le de contenu qui sera le plus efficace. Avec une campagne dite \u00ab <em>de notori\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb, le but est qu\u2019un maximum de personnes voient la pub sur leurs r\u00e9seaux, alors l\u2019algorithme s\u2019adapte pour la diffuser tr\u00e8s largement. \u00c7a s\u2019appelle \u00ab<em> faire du trafic<\/em> \u00bb. \u00c0 l\u2019inverse pour une campagne dite \u00ab <em>de recrutement <\/em>\u00bb visant \u00e0 ce que le public s\u2019inscrive \u00e0 une newsletter litt\u00e9raire, l\u2019algorithme va cibler des profils plus actifs face aux contenus publicitaires. C&rsquo;est-\u00e0-dire des personnes susceptibles de remplir un formulaire pour inscrire leur adresse mail.<\/p>\n\n\n\n<p>La rapidit\u00e9 avec laquelle les tendances \u00e9voluent sur les r\u00e9seaux sociaux, oblige Alice Huguet \u00e0 se former r\u00e9guli\u00e8rement aux nouvelles pratiques pour rester dans le coup. Une habitude qu\u2019elle a gard\u00e9 de ses anciennes missions mais assez rare dans le milieu de l\u2019\u00e9dition. Selon elle \u00ab <em>\u00e7a ne se fait pas beaucoup de se former l\u00e0 dessus <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Faire du \u00ab <em>Google Ads<\/em> \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant la vague des r\u00e9seaux sociaux, les sites internet \u00e9taient les principaux diffuseurs de&nbsp; sponsorisations payantes. Ils sont encore tr\u00e8s utilis\u00e9s pour la publicit\u00e9 digitale des livres. La majorit\u00e9 des contenus sont publi\u00e9s avec <em>Google Ads, <\/em>la r\u00e9gie publicitaire de Google, un service qui permet d\u2019acheter des annonces et des banni\u00e8res publicitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur <em>Babelio<\/em>, site destin\u00e9 aux amateurs de livres, 8 millions de visiteurs par mois consultent cette&nbsp; plateforme litt\u00e9raire. Sa large audience en fait un espace num\u00e9rique tr\u00e8s strat\u00e9gique o\u00f9 il est rentable d&rsquo;acheter un encart publicitaire. R\u00e9guli\u00e8rement, <em>Babelio<\/em> propose dans une newsletter des s\u00e9lections th\u00e9matiques de livres comme pour la f\u00eate des m\u00e8res ou les vacances de No\u00ebl. Pour y mettre en avant un livre, L&rsquo;Iconoclaste paye 1000 euros. Une somme importante mais pas inutilement d\u00e9pens\u00e9e selon Alice Huguet qui ajoute que <em>Babelio<\/em> touche \u00ab <em>des consommateurs qui ne sont pas forc\u00e9ment pr\u00e9sents sur les r\u00e9seaux sociaux <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours pour \u00e9largir le public cible et faire de la publicit\u00e9 aupr\u00e8s du plus grand nombre, L\u2019Iconoclaste raconte qu\u2019en 2023 elle a exp\u00e9riment\u00e9 un nouveau contenu pour relancer la campagne digitale du livre prim\u00e9 au Goncourt la m\u00eame ann\u00e9e, <em>Veiller sur elle<\/em>, de Jean-Baptiste Andr\u00e9a. Les \u00e9quipes digitales ont achet\u00e9 des espaces publicitaires sur des sites de comparateurs de vols tels que EasyJet et Kayak pour afficher le slogan \u00ab <em>L\u2019Italie pour 22,90 \u20ac <\/em>\u00bb faisant le lien entre le th\u00e8me du livre et la destination de voyage. Le co\u00fbt de cette campagne est rest\u00e9 confidentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur Google, d\u2019autres pratiques anciennes continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es comme le r\u00e9f\u00e9rencement de mots-cl\u00e9s pour que les livres apparaissent dans les recherches des internautes. Pour 40 euros par jour pendant deux semaines, 560 euros au total, un livre est r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 pour \u00eatre affich\u00e9 dans les \u00ab <em>autres produits similaires<\/em> \u00bb. \u00ab <em>C\u2019est cher mais c\u2019est rentable<\/em> ! \u00bb indique Anne-Sophie Richard, responsable de la communication digitale de la collection Proche.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le digital fait \u00e9merger un nouveau style litt\u00e9raire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019explosion r\u00e9cente de ce march\u00e9, une maison d\u2019\u00e9diteurs a trouv\u00e9 dans la <em>New romance <\/em>un moyen d\u2019int\u00e9resser la g\u00e9n\u00e9ration des 18-34 ans tr\u00e8s pr\u00e9sente sur les r\u00e9seaux sociaux. <em>Hugo Publishing <\/em>investit depuis 2013 pour devenir le leader du secteur. La maison d\u2019\u00e9diteurs ind\u00e9pendante consacre 80% de son budget digital \u00e0 la <em>New romance <\/em>et assure la visibilit\u00e9 de ses livres sur les r\u00e9seaux sociaux. En investissant sur la publicit\u00e9 digitale, <em>Hugo Publishing<\/em> ne s\u2019est pas tromp\u00e9 et a trouv\u00e9 son public. Les 18-34 ans, g\u00e9n\u00e9rations des r\u00e9seaux sociaux, sont en train de devenir le public litt\u00e9raire le plus rentable. Ce courant litt\u00e9raire fait vendre des millions de livres aux jeunes femmes, et de plus en plus aux jeunes hommes, en qu\u00eate d\u2019histoires vibrantes. En 2024, un livre sur trois achet\u00e9 gr\u00e2ce au pass Culture appartenait \u00e0 la <em>New romance<\/em> selon la SAS pass Culture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chez <a href=\"https:\/\/www.harpercollins.fr\/\">Harper Collins<\/a> aussi on se lance dans la <em>New romance<\/em>. Le groupe dont la maison m\u00e8re est aux \u00c9tats-Unis d\u00e9veloppe le secteur en France via le label <a href=\"https:\/\/eth.helloromance.fr\/collection\/eth\">&amp;h Factory<\/a>. Avec la particularit\u00e9 de miser sur l\u2019achat de livres num\u00e9riques en publiant des premiers auteurs qui peuvent se voir publier en format poche en fonction \u00ab <em>des tendances et de l\u2019engouement des lecteurs<\/em> \u00bb pr\u00e9cise Marianne Durand, responsable \u00e9ditoriale du label. Le choix de vendre des livres num\u00e9riques s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019\u00e9dition tr\u00e8s facilement. Le temps de l\u2019\u00e9dition est trop lent face \u00e0 la rapidit\u00e9 de l\u2019\u00e9volution des tendances num\u00e9riques. \u00ab <em>Vendre des livres num\u00e9riques permet de r\u00e9agir plus vite et de ne pas laisser passer une tendance<\/em> \u00bb affirme Marianne Durand. Pour mettre en avant ces ouvrages sur les r\u00e9seaux sociaux, le label finance des partenariats r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s avec divers influenceurs litt\u00e9raires en se limitant \u00e0 trois collaborations payantes par mois. Mais \u00ab <em>c\u2019est vou\u00e9 \u00e0 augmenter<\/em> \u00bb affirme Marine Charoy responsable marketing chez &amp;h Factory.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des solutions digitales pour les petits budgets<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, ces nouvelles pratiques ne sont pas accessibles \u00e0 toutes les maisons d&rsquo;\u00e9dition. Les plus petites ne peuvent pas financer des influenceurs litt\u00e9raires pour chaque livre. La collection Proche regrette d\u2019avoir pay\u00e9 des prestations trop ch\u00e8res pour son budget. \u00ab <em>On a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 3000 euros la mission, mais \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas tenable <\/em>\u00bb d\u00e9clare Anne-Sophie Richard de la collection Proche. Dor\u00e9navant, elle ne travaille qu\u2019avec un influenceur par livre. En 2024, ils ont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 six collaborations. En termes de budget, L\u2019Iconoclaste aussi est \u00ab <em>sur des \u00e9quilibres tr\u00e8s fragiles <\/em>\u00bb assure Alice Huguet.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour maintenir la visibilit\u00e9 de leurs produits sur les r\u00e9seaux sociaux, les maisons d\u2019\u00e9dition \u00e9tablissent des strat\u00e9gies \u00e0 moindre co\u00fbt. Cela passe par \u00ab <em>faire du sur-mesure pour chaque livre <\/em>\u00bb. \u00ab <em>Je n&rsquo;envoie pas spontan\u00e9ment des livres \u00e0 des influenceurs en leur disant \u00ab\u00a0lisez-le, chroniquez-le et aimez-le<\/em> \u00bb raconte Alice Huguet de L\u2019Iconoclaste avant d\u2019ajouter que sa maison d\u2019\u00e9dition fait aussi des collaborations gratuites.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, en novembre 2024 \u00e0 l\u2019occasion de la sortie du deuxi\u00e8me livre de Baptiste Beaulieu, <em>Tous les silences ne font pas le m\u00eame bruit<\/em>, L\u2019Iconoclaste s\u2019est associ\u00e9 avec <a href=\"https:\/\/www.sos-homophobie.org\/\">SOS homophobie<\/a> pour produire une vid\u00e9o engag\u00e9e pour la lutte contre l\u2019homophobie. En parall\u00e8le, le collectif <a href=\"https:\/\/period.studio\/\">Period Studio<\/a> a republi\u00e9 gratuitement la vid\u00e9o \u00e0 la suite d\u2019un partenariat r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 pour ce m\u00eame ouvrage. Une pratique que d\u00e9veloppe aussi la collection Proche qui collabore avec la marque <a href=\"https:\/\/mylubie.com\/?gad_source=1&amp;gad_campaignid=13951463443&amp;gbraid=0AAAAABnczVgMwA9kiqNc3loVoBWOU3d2X&amp;gclid=CjwKCAjwz_bABhAGEiwAm-P8YdlVDpUN0bMIsbtd63vaL_PfLPYwkdNx4dnFYvwJj6dMEPoJgSLp1xoC2PAQAvD_BwE\">My Lubie<\/a> et sa tisane aphrodisiaque \u00ab <em>D\u00e9sir<\/em> \u00bb \u00e0 l\u2019occasion de la sortie du livre <em>D\u00e9sirer<\/em>, le 7 mai dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre technique pour r\u00e9duire les frais : cr\u00e9er un <em>pool<\/em> d\u2019influenceurs. Chez Harper Collins, le label &amp;H Factory a recrut\u00e9 70 influenceurs litt\u00e9raires non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Chacun d\u2019entre eux est partenaire de la maison d\u2019\u00e9dition. Leurs missions peuvent aller de la simple consultation sur le choix d\u2019une couverture de livres \u00e0 la production de contenu digital non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Ces influenceurs b\u00e9n\u00e9ficient de quelques avantages en nature comme l\u2019invitation \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements litt\u00e9raires, ils re\u00e7oivent aussi les livres gratuitement.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les comptes des influenceurs deviennent tr\u00e8s suivis sur les r\u00e9seaux sociaux, cela se compte en dizaine de milliers d\u2019abonn\u00e9s. Ils sont alors quotidiennement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par les maisons d&rsquo;\u00e9dition pour leurs contenus. Avec la professionnalisation de ces collaborations digitales litt\u00e9raires sont apparus des grilles de tarifs, des contrats et m\u00eame des agences d\u2019influence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Influenceurs litt\u00e9raires : combien gagnent-ils ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les influenceurs litt\u00e9raires sont des nouveaux prestataires de services avec lesquels les maisons d&rsquo;\u00e9dition doivent apprendre \u00e0 travailler. Les comptes de <em>Bookstagram<\/em> partagent des conseils de lecture et rassemblent des dizaines de milliers d\u2019abonn\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux. Certains vivent pleinement de ce v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne de publicit\u00e9, rencontre avec deux leaders du secteur : Ma\u00eft\u00e9 Defives pour <\/strong><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/mademoisellelit\/?hl=fr\"><strong>@MademoiselleLit<\/strong><\/a><strong> en France et Fran\u00e7ois Coune pour <\/strong><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/livraisondemots\/?hl=fr\"><strong>@livraisondemots<\/strong><\/a><strong> en Belgique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 39 ans, Ma\u00eft\u00e9 Defives, propri\u00e9taire du compte <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/mademoisellelit\/?hl=fr\">@MademoiselleLit<\/a>, cumule 102 000 abonn\u00e9s sur Instagram, le r\u00e9seau social aux 26 millions d\u2019utilisateurs en France. Cette ancienne employ\u00e9e de banque et d\u2019assurance a ouvert son compte en 2017. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, les collaborations ne sont pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. Trois ans plus tard, le ph\u00e9nom\u00e8ne a pris de l\u2019ampleur \u00e0 la faveur du confinement en 2020. Celle qui ne regarde aucune s\u00e9rie et lit minimum deux heures et demie par jour commence \u00e0 toucher de l\u2019argent pour son contenu litt\u00e9raire. Depuis elle a quitt\u00e9 son travail et vit pleinement de cette activit\u00e9. Ma\u00eft\u00e9 Defives ne souhaite pas partager le niveau de ses revenus mais elle assure qu\u2019elle parvient \u00e0 se verser un salaire mensuel au m\u00eame niveau que ce qu\u2019elle percevait en tant qu\u2019employ\u00e9e de banque.<\/p>\n\n\n\n<p>Les revenus des influenceurs en g\u00e9n\u00e9ral suscitent beaucoup de fantasmes. Fran\u00e7ois Coune, propri\u00e9taire du compte <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/livraisondemots\/?hl=fr\">@livraisondemots<\/a>, accepte de donner une fourchette en pr\u00e9cisant que c\u2019est tr\u00e8s fluctuant \u00ab <em>par exemple les mois de juillet, ao\u00fbt et janvier, c\u2019est une catastrophe, on signe beaucoup moins de missions<\/em> <em>sur Instagram <\/em>\u00bb. <em>Une mission correspond \u00e0 un ou plusieurs contenus post\u00e9s sur Instagram pour la promotion d\u2019un livre ndlr<\/em>. Avec ses 94 300 abonn\u00e9s, il affirme que c\u2019est rarement en dessous de 2 000 euros par mois mais que \u00ab<em> cela peut grimper parfois \u00e0 10 000 euros<\/em> \u00bb. Sur l\u2019ann\u00e9e \u00ab <em>ces sommes se lissent<\/em> \u00bb et lui permettent \u00ab <em>de vivre confortablement sans avoir des millions<\/em> \u00bb sur son compte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab <em>On n\u2019est pas cher <\/em>\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>800 \u00e0 1500 euros la mission. Pour comprendre ces chiffres confirm\u00e9s par toutes les maisons d\u2019\u00e9ditions interrog\u00e9es, Fran\u00e7ois Coune accepte de d\u00e9tailler ses m\u00e9thodes de travail. \u00c0 29 ans, il est convaincu que pour partager un livre sur les r\u00e9seaux sociaux, un \u00ab <em>contenu unique sur Instagram n\u2019apporte rien <\/em>\u00bb. Alors, il propose aux maisons d&rsquo;\u00e9dition un \u00ab <em>pack<\/em> \u00bb de contenu. Pour une <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/reel\/DI6xU0xq7Ws\/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==\">chronique vid\u00e9o<\/a> sur un livre, un <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/DIwh6wvq5U4\/\">concours<\/a>, et trois <em>story<\/em> &#8211; publications \u00e9ph\u00e9m\u00e8res de 24h &#8211; il est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en moyenne 1000 \u00e0 1200 euros. L\u2019ancien \u00e9tudiant en communication pr\u00e9cise que ses tarifs ne sont jamais les m\u00eames, \u00ab <em>puisque chaque livre est diff\u00e9rent <\/em>\u00bb. Les montants ne descendent \u00ab&nbsp;<em>jamais en dessous de 400 euros et peuvent aller jusqu\u2019\u00e0 4 000 \u00e0 5 000 euros <\/em>\u00bb, mais \u00ab <em>c\u2019est beaucoup plus rare <\/em>\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Bien que peu pratiqu\u00e9, il indique qu\u2019une seule <em>story<\/em> co\u00fbte 180 euros. Face aux critiques que peuvent susciter ces montants, Fran\u00e7ois Coune rappelle qu\u2019ils ne sont \u00ab <em>pas chers par rapport aux espaces publicitaires dans les m\u00e9dias traditionnels<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience, les tarifs et les pratiques \u00e9voluent. Sur les 130 livres qu\u2019elle lit par an, et la dizaine au mois, <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/DHNqBJRI15b\/\">Ma\u00eft\u00e9 Defives promeut<\/a> aujourd\u2019hui entre un et quatre livres par mois de fa\u00e7on r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Il y a quatre ans, les prix \u00e9taient moins \u00e9lev\u00e9s, elle chroniquait six \u00e0 huit livres pour la m\u00eame somme d&rsquo;argent. En 2021, les tarifs ne d\u00e9passaient pas les 1000 euros. \u00ab <em>Financi\u00e8rement cela revient au m\u00eame mais le travail est plus qualitatif <\/em>\u00bb pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les secteurs, les tarifs sont diff\u00e9rents. Pour la<em> New romance<\/em>, ils peuvent \u00eatre pratiqu\u00e9s pour une seule vid\u00e9o mais les responsables affirment que \u00ab <em>m\u00eame si on ne peut pas mesurer l\u2019impact sur les ventes, on s\u2019y retrouve, \u00e7a c\u2019est certain <\/em>\u00bb. Fran\u00e7ois Coune est lui aussi persuad\u00e9 que son activit\u00e9 augmente les ventes \u00ab <em>sinon on ne nous rappellerai pas ! <\/em>\u00bb plaisante-t-il.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9mun\u00e9rations varient aussi en fonction du taux d\u2019engagement que suscitent les posts sur les r\u00e9seaux. C\u2019est-\u00e0-dire, le nombre de <em>likes<\/em> et de vues par rapport au nombre d\u2019abonn\u00e9s du compte. Cet indicateur est tr\u00e8s important pour les \u00e9diteurs. L\u2019influence est devenu un secteur tellement lucratif qu\u2019il y a m\u00eame des agences d\u2019influenceurs litt\u00e9raires qui se d\u00e9veloppent. Ces organisations accompagnent les influenceurs dans leur contrat avec les maisons d&rsquo;\u00e9dition et prennent au passage \u00ab <em>une commission de minimum 10%<\/em> \u00bb d\u2019apr\u00e8s Ma\u00eft\u00e9 Defives qui refuse de son c\u00f4t\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une agence. Elle assure, \u00ab <em>je pr\u00e9f\u00e8re tout g\u00e9rer moi-m\u00eame <\/em>\u00bb. Information prise aupr\u00e8s des maisons d\u2019\u00e9ditions, \u00ab <em>si les influenceurs sont en agence, c\u2019est plus cher <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute une \u00e9conomie de la publicit\u00e9 des livres se d\u00e9veloppe aussi avec des contenus sur Youtube et Tik Tok. Les c\u00e9l\u00e8bres BookTok, comme ceux du compte <a href=\"https:\/\/www.tiktok.com\/@amyjordanj\">@amyjordanj<\/a> avec ses 378 000 abonn\u00e9s, rassemblent tellement d\u2019internautes que certains influenceurs litt\u00e9raires quittent Instagram pour rejoindre le r\u00e9seau social chinois. D\u2019autant qu\u2019il a l\u2019avantage de r\u00e9mun\u00e9rer le contenu des comptes avec minimum 10 000 abonn\u00e9s et sur les vid\u00e9os faisant 1 million de vues minimum. Face \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne, les maisons d&rsquo;\u00e9dition s\u2019adaptent encore. \u00ab\u00a0<em>On peut payer 10 000 euros une mission sur TikTok tellement il y a d\u2019audience<\/em> \u00bb confie une collaboratrice pr\u00e9f\u00e9rant rester anonyme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une majorit\u00e9 de contenus gratuits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les deux influenceurs fran\u00e7ais et belge s\u2019accordent \u00e0 dire que seulement 5 \u00e0 10% de leurs contenus sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. La tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de leur travail est donc publi\u00e9 gratuitement. Fran\u00e7ois Coune mentionne sur son compte vingt-cinq ouvrages sur les trente livres, BD et romans graphiques qu\u2019il lit par mois. Mais il n&rsquo;est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 que pour 5 d\u2019entre eux. Tous deux passionn\u00e9s de lecture, ils sont \u00ab&nbsp;<em>tr\u00e8s sollicit\u00e9s<\/em> \u00bb par les maisons d\u2019\u00e9ditions et s\u00e9duits par la libert\u00e9 que leur offre ce choix dans leurs missions sans compromettre leur oeil critique sur les livres. Cela leur permet de ne pas sortir de leurs \u00ab <em>lignes \u00e9ditoriales <\/em>\u00bb et de conserver une \u00ab&nbsp;<em>coh\u00e9rence <\/em>\u00bb dans leurs contenus ajoute Ma\u00eft\u00e9 Defives. Plus une collaboration avec une maison d\u2019\u00e9dition est ancienne, plus elle sait quels styles de livres proposer \u00e0 ses influenceurs. Cette personnalisation leur permet de promouvoir uniquement des ouvrages qu\u2019ils leur ont plus. Malgr\u00e9 la professionnalisation de leurs activit\u00e9s d\u2019influence, ils disent ne jamais faire la promotion de livres qu\u2019ils n\u2019ont pas appr\u00e9ci\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Coune souhaiterait que ce m\u00e9tier soit davantage reconnu et il regrette \u00ab les d\u00e9rives de certains \u00e9diteurs \u00bb qui pr\u00e9f\u00e8rent payer moins cher des plus petits influenceurs litt\u00e9raires et cibler un public moins captif alors que lui-m\u00eame rassemble une importante communaut\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 sa ligne \u00e9ditoriale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eft\u00e9 Defives et Fran\u00e7ois Couneinsistent sur le temps de travail que n\u00e9cessitent ces contenus vid\u00e9os : il faut \u00e9crire la chronique, organiser le tournage, faire le montage, et programmer les publications. \u00ab <em>\u00c7a repr\u00e9sente au moins 2 \u00e0 3 jours de travail par vid\u00e9o sans compter le temps de lecture<\/em> \u00bb indique Fran\u00e7ois Coune avant d\u2019ajouter \u00ab <em>mon activit\u00e9 c\u2019est plus qu\u2019un temps plein, on bosse quoi ! <\/em>\u00bb. Ni lui, ni sa coll\u00e8gue fran\u00e7aise ne font appel \u00e0 des prestataires ext\u00e9rieurs pour les aider. Ils travaillent seuls et s\u2019occupent \u00ab <em>de tout<\/em> \u00bb, de la gestion des mails \u00e0 la publication des posts.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des revenus annexes tr\u00e8s lucratifs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de leurs comptes Instagram, Fran\u00e7ois Coune et Ma\u00eft\u00e9 Defives ont diversifi\u00e9 leurs activit\u00e9s. Alors que lui est en pleine tourn\u00e9e des librairies pour la sortie de son premier livre \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/DEky8iJNJFr\/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==\">Lire, Lire, Lire&nbsp;<\/a>\u00bb, elle a aussi sign\u00e9 un contrat avec la maison d\u2019\u00e9dition suisse <a href=\"https:\/\/editions-jouvence.com\/\">Jouvence<\/a>, filiale du groupe <a href=\"https:\/\/www.albin-michel.fr\/\">Albin Michel<\/a>, pour son livre \u00ab <a href=\"https:\/\/editions-jouvence.com\/livre\/100-livres-qui-changent-la-vie\/\">100 livres qui changent la vie<\/a> \u00bb. L\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, elle a \u00e9galement sorti <a href=\"https:\/\/www.marabout.com\/livre\/cahier-de-vacances-litterature-9782501185530\/\">un cahier de vacances<\/a> \u00e0 destination des adultes sur la litt\u00e9rature. Pour ces produits, ils per\u00e7oivent les \u00e0-valoir et les droits d\u2019auteurs. L\u2019\u00e9v\u00e9nementiel fait aussi partie des revenus suppl\u00e9mentaires pour ces deux influenceurs litt\u00e9raires qui sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s pour cr\u00e9er du contenu digital lors de salons. Fran\u00e7ois Coune participe aussi \u00e0 de nombreux festivals et foires du livre, \u00e0 des conf\u00e9rences, et \u00e0 des rencontres dans les \u00e9tablissements scolaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eft\u00e9 Defives a r\u00e9cemment d\u00e9velopp\u00e9 une nouvelle activit\u00e9 en se formant \u00e0 la biblioth\u00e9rapie. Elle anime trois <a href=\"https:\/\/www.mademoisellelit.com\/mes-ateliers-de-bibliotherapie-creative\/\">ateliers<\/a> th\u00e9matiques par mois en pr\u00e9sentiel ou \u00e0 distance. Chaque session peut accueillir 12 personnes maximum. Comptez 30 euros pour 1h30. Enfin, elle collabore avec une <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/escaleenborddepage\/?__pwa=1\">cr\u00e9atrice<\/a> qui propose des accessoires litt\u00e9raires. Pour les <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/DDB2fIZIKkK\/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==\">housses de livre<\/a>, les <a href=\"https:\/\/www.escaleenborddepage.com\/produit\/marque-page-elastique-coquillage-7-9-31\/\">marque-pages<\/a>, les <a href=\"https:\/\/www.escaleenborddepage.com\/produit\/coussin-de-lecture-minette\/\">coussins de lecture<\/a> vendus, elle touche une commission de \u00ab<em> 1 ou 2 euros par accessoire <\/em>\u00bb. L\u2019auto-entrepreneuse insiste que ce sont des sommes brutes qui sont ensuite r\u00e9duites par l\u2019URSSAF et les imp\u00f4ts. La hausse de ces taxes l\u2019oblige \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer ces tarifs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des livres gratuits et rentables<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019ils aient 6000 ou 100 000 abonn\u00e9s, tous les influenceurs litt\u00e9raires peuvent recevoir les nouveaut\u00e9s litt\u00e9raires gr\u00e2ce au service presse. \u00c0 la sortie d\u2019un livre, c\u2019est une pratique habituelle chez les \u00e9diteurs qui envoient plusieurs ouvrages aux m\u00e9dias et \u00e0 d\u2019autres relais d\u2019opinion. Le service presse est un moyen de cr\u00e9er et de maintenir un contact. Pour la collection Proche, Anne-Sophie Richard estime que \u00ab <em>50% des livres envoy\u00e9s en service presse le sont pour des influenceurs litt\u00e9raires<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les plus petits comptes, comme celui de L\u00e9a <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/monpetitbookan\/\">@MonPetitBook-an<\/a>, le service presse est un avantage non n\u00e9gligeable. \u00ab <em>Depuis la cr\u00e9ation du compte, mon budget livre a au moins \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par 20 ! <\/em>\u00bb affirme la propri\u00e9taire du compte aux 6200 abonn\u00e9s. Bien qu\u2019elle ne pratique pas de partenariats r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s avec les maisons d\u2019\u00e9ditions, L\u00e9a re\u00e7oit au moins une centaine de livres par an. \u00c0 la rentr\u00e9e litt\u00e9raire en automne 2024, il y en avait 54 au pied de sa porte contre une quarantaine \u00e0 la rentr\u00e9e litt\u00e9raire en janvier 2025. Si un livre lui a plu, elle r\u00e9dige une chronique sur Instagram mais \u00ab <em>personne ne m\u2019y a jamais oblig\u00e9 <\/em>\u00bb pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour elle, ce ne sont \u00ab&nbsp;pas des sous gagn\u00e9s, mais des sous \u00e9conomis\u00e9s&nbsp;\u00bb. Et elle ne comprend pas que certains influenceurs se permettent de revendre sur Vinted ces livres neufs et per\u00e7us gratuitement ! \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est facile de s\u2019en rendre compte, quand un livre est vendu entre 10 et 12 euros alors qu\u2019il vient de sortir<\/em> \u00bb indique L\u00e9a avant d\u2019ajouter que \u00ab&nbsp;<em>s\u2019il y en a plusieurs, vous pouvez \u00eatre sur que c\u2019est de la revente de service presse <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et les auteurs dans tout \u00e7a ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Anne-Sophie Richard est intimement persuad\u00e9e que m\u00eame si cela participe \u00e0 l\u2019augmentation des ventes \u00ab <em>certains auteurs ne veulent pas de cette nouvelle publicit\u00e9 digitale\u00a0<\/em>\u00bb. Ils pr\u00e9f\u00e8rent rester traditionnels dans la promotion de leurs ouvrages en continuant \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des articles de presse, et \u00e0 participer \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements. D\u2019autres, comme C\u00e9cile Coulon, acceptent volontiers de passer devant la cam\u00e9ra pour pitcher leur nouveau livre en quelques secondes sur Instagram.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les maisons d\u2019\u00e9ditions interrog\u00e9es, cette publicit\u00e9 digitale \u00ab <em>profite \u00e0 la cha\u00eene compl\u00e8te<\/em> \u00bb et permet au secteur du livre de se diversifier. \u00ab <em>Vous avez mis les moyens pour que mon livre soit connu <\/em>\u00bb se sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9jouit plusieurs auteurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La publicit\u00e9 digitale fait d\u00e9sormais partie int\u00e9grante de la strat\u00e9gie marketing des maisons d\u2019\u00e9dition. Si elle se d\u00e9veloppe consid\u00e9rablement dans plusieurs secteurs dont la <em>New romance<\/em>, elle n\u2019a pas encore investi la litt\u00e9rature plus traditionnelle et contemporaine. \u00c0 l\u2019avenir, il n\u2019est pas exclu que tous les styles d\u2019\u00e9criture trouvent leurs influenceurs sur les r\u00e9seaux sociaux. Pourquoi ne pas imaginer le prochain prix Goncourt chroniqu\u00e9 sur Instagram par un influenceur litt\u00e9raire ? Ces professionnels du livres sur les r\u00e9seaux sociaux pourraient-ils devenir des critiques litt\u00e9raires aux c\u00f4t\u00e9s du Masque et la Plume ou de La Grande Librairie ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ses enqu\u00eates, le Centre National du Livre affirme r\u00e9guli\u00e8rement que les 18-34 ans lisent moins que leurs a\u00een\u00e9s et passent plus de temps devant les \u00e9crans. 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