{"id":444,"date":"2025-06-05T08:17:10","date_gmt":"2025-06-05T06:17:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ecoapres.fr\/?p=444"},"modified":"2025-06-05T09:25:43","modified_gmt":"2025-06-05T07:25:43","slug":"ledition-a-lheure-des-algorithmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecoapres.fr\/?p=444","title":{"rendered":"L\u2019\u00c9DITION \u00c0 L\u2019HEURE DES ALGORITHMES"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1167\" height=\"819\" src=\"https:\/\/ecoapres.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-05-a-08.06.03-edited.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-475\" srcset=\"https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-05-a-08.06.03-edited.png 1167w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-05-a-08.06.03-edited-300x211.png 300w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-05-a-08.06.03-edited-1024x719.png 1024w, https:\/\/ecoapres.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-05-a-08.06.03-edited-768x539.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1167px) 100vw, 1167px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BOOKTOK ET BOOKSTAGRAM : LES RECETTES DU SUCC\u00c8S&nbsp;<\/strong><br><\/h2>\n\n\n\n<p><em>Les r\u00e9seaux sociaux sont devenus un incontournable de la prescription litt\u00e9raire. Sur&nbsp; TikTok et Instagram, devenus de v\u00e9ritables business lucratifs, de jeunes utilisateurs&nbsp;se font les relais marketing des maisons d\u2019\u00e9dition confront\u00e9es \u00e0 des algorithmes&nbsp; qu\u2019elles ne ma\u00eetrisent pas toujours.&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur TikTok, le hashtag #BookTok a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 plus de 309 milliards de vues et sur&nbsp; Instagram le hashtag #Bookstagram compte plus de 116 millions de publications. Ces&nbsp; hashtags d\u00e9signent des communaut\u00e9s dynamiques o\u00f9 les utilisateurs partagent leurs&nbsp; lectures, leurs recommandations et leurs r\u00e9actions, transformant l\u2019acte de lire en une&nbsp; exp\u00e9rience collective et passionn\u00e9e. L\u2019impact de ces ph\u00e9nom\u00e8nes est tel que le&nbsp; secteur de l\u2019\u00e9dition ne peut pas les ignorer. Des partenariats se nouent entre les&nbsp; maisons d\u2019\u00e9dition et les influenceurs pour mettre en valeur les nouvelles parutions&nbsp; litt\u00e9raires. Le genre de la romance, notamment, a trouv\u00e9 un nouveau souffle sur ces&nbsp; r\u00e9seaux o\u00f9 les recommandations virales peuvent propulser des ouvrages au rang de&nbsp; best-seller en quelques semaines.&nbsp;&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab L\u2019effet \u00bb BookTok et Bookstagram&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore myst\u00e9rieux pour certains \u00e9diteurs, les ph\u00e9nom\u00e8nes BookTok et Bookstagram&nbsp; ont plusieurs fois \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de \u00ab happy end \u00bb pour des livres qui n\u2019avaient pas&nbsp; r\u00e9ussi \u00e0 rencontrer du succ\u00e8s dans un premier temps. C\u2019est le cas chez Robert Laffont&nbsp; o\u00f9, en 2021, un boom des ventes inattendu a attir\u00e9 l\u2019attention de la maison sur la force&nbsp; de frappe des r\u00e9seaux : <em>\u00ab On a un roman intitul\u00e9 \u00ab Et ils meurent tous les deux \u00e0 la&nbsp; fin \u00bb d\u2019Adam Silvera, publi\u00e9 en 2018, qui s\u2019est mis \u00e0 remonter dans les ventes sans&nbsp; qu\u2019on identifie tout de suite pourquoi<\/em>, raconte Elise Iwasinta, directrice marketing&nbsp; adjointe de la maison. <em>On est pass\u00e9 de 6 000 ou 7 000 ventes \u00e0 100 000 exemplaires ! <\/em>Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 ensuite que BookTok s\u2019en \u00e9tait empar\u00e9. \u00bb&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce succ\u00e8s a incit\u00e9 la maison \u00e0 consid\u00e9rer TikTok comme l\u2019un de ses relais marketing&nbsp; r\u00e9guliers : elle consacre d\u00e9sormais environ 30% de son budget au digital. Malgr\u00e9 ce&nbsp; virage num\u00e9rique, la maison admet qu\u2019il est encore difficile, aujourd\u2019hui, de mesurer&nbsp; exactement le nombre de ventes suscit\u00e9es par la publication d\u2019une vid\u00e9o&nbsp; promotionnelle sur les r\u00e9seaux.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Chatterley, une maison d\u2019\u00e9dition d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la romance adulte, l\u2019approche&nbsp; est diff\u00e9rente : elle s\u2019est construite pour et avec les r\u00e9seaux sociaux. <em>\u00ab BookTok et&nbsp; Bookstagram ne sont pas juste un pan de notre strat\u00e9gie \u00e9ditoriale : c\u2019est la strat\u00e9gie \u00bb<\/em>,&nbsp; affirme Ambre Kusbac, cheffe de projet marketing de la maison. Les livres publi\u00e9s chez&nbsp; Chatterley ciblent essentiellement des jeunes femmes entre 18 et 25 ans, tr\u00e8s&nbsp; consommatrices des contenus post\u00e9s sur TikTok et Instagram, ce qui conduit la&nbsp; maison \u00e0 mobiliser environ 65% de son <strong>budget total<\/strong> sur ces plateformes. L\u2019exemple&nbsp; de la saga am\u00e9ricaine <em>Windy City <\/em>est \u00e9loquent, comme le raconte Ambre Kusbac :&nbsp; <em>\u00ab En communiquant beaucoup plus sur nos r\u00e9seaux et en faisant un partenariat&nbsp; r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 avec une influenceuse, on a explos\u00e9 les scores du tome 2 qui s\u2019est vendu&nbsp; trois fois mieux que le tome 1 d\u00e8s la premi\u00e8re semaine de parution en France \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des maisons plus prudentes&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais ces investissements massifs dans les r\u00e9seaux sociaux ne sont pas une r\u00e8gle&nbsp; absolue. Si les maisons d\u2019\u00e9dition ont conscience de la puissance de l\u2019influence des&nbsp; r\u00e9seaux sociaux, elles s\u2019adaptent avant tout \u00e0 leur budget annuel, \u00e0 leur ligne \u00e9ditoriale&nbsp; et \u00e0 leur lectorat, et se montrent parfois m\u00e9fiantes. Au Livre de Poche, m\u00eame si le&nbsp; ph\u00e9nom\u00e8ne BookTok a aussi des effets inattendus, Ninon Legrand,&nbsp; responsable marketing, explique que la strat\u00e9gie de la maison est <em>\u00ab de consolider le&nbsp; mod\u00e8le des partenariats gratuits pour des raisons de budget mais aussi parce que,&nbsp; pour l\u2019instant, on a beaucoup de mal \u00e0 mesurer l\u2019impact des partenariats r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00bb<\/em>.&nbsp; Du c\u00f4t\u00e9 des \u00c9ditions H\u00e9lo\u00efse d\u2019Ormesson, le rythme de publication plus timide sur les&nbsp; r\u00e9seaux sociaux est justifi\u00e9 par Alexandra Calmes, \u00e9ditrice : <em>\u00ab Je pense qu\u2019on n\u2019a pas&nbsp; le public pour. La majorit\u00e9 de nos lectrices ont plus de 40 ans, n\u2019ont jamais mis les&nbsp; pieds sur TikTok ou sur d\u2019autres plateformes et ne vont pas forc\u00e9ment s\u2019y int\u00e9resser.\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, aucune maison n\u2019est \u00e0 l\u2019abri d\u2019un petit miracle provoqu\u00e9 par BookTok et&nbsp; Bookstagram. En tant que distributeur, la FNAC est bien plac\u00e9e pour observer l\u2019effet&nbsp; levier des r\u00e9seaux : <em>\u00ab C\u2019est la tendance qui cr\u00e9e la demande, expose Pauline&nbsp; Armenoult, cheffe de produit BD et Manga \u00e0 la FNAC. Parfois, les \u00e9diteurs ne savent&nbsp; m\u00eame pas qu\u2019on parle de leur titre sur BookTok et ils l\u2019apprennent par les ventes,&nbsp; quand ils voient leur stock dispara\u00eetre. \u00c7a \u00e9chappe un peu aux faiseurs de livres \u00bb<\/em>,&nbsp; conclut-elle. La FNAC a mis en place des affichages sp\u00e9cifiques en magasin et a&nbsp; accord\u00e9 plus de place en rayon pour le genre le plus pl\u00e9biscit\u00e9 sur les r\u00e9seaux&nbsp; sociaux : la romance.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un budget croissant&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les maisons d\u2019\u00e9dition, le co\u00fbt des partenariats sur BookTok et Bookstagram varie selon les projets mais cro\u00eet progressivement. \u00c0 titre d\u2019exemple, des structures comme Robert Laffont&nbsp; investissent dans des partenariats allant de simples contenus \u00e0 des plans de&nbsp; communication complets. Une vid\u00e9o peut co\u00fbter entre 300 et 500 euros, mais pour&nbsp; des campagnes plus \u00e9labor\u00e9es les tarifs peuvent tourner autour de 3 000 euros.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce aux vid\u00e9os, aux posts et aux stories qu\u2019ils publient sur les r\u00e9seaux sociaux, les cr\u00e9ateurs de contenu peuvent d\u00e9gager des revenus compl\u00e9mentaires ou de v\u00e9ritables salaires en fonction de leur domaine de pr\u00e9dilection, principalement gr\u00e2ce aux partenariats car la mon\u00e9tisation directe des plateformes est&nbsp; d\u00e9risoire. Lola Moreau connue sous le pseudo @labiblioth\u00e8quedepoche s\u2019est&nbsp; sp\u00e9cialis\u00e9e dans la litt\u00e9rature blanche, la branche de la litt\u00e9rature pour l\u2019instant moins populaire sur les r\u00e9seaux, majoritairement compos\u00e9e de romans contemporains, de r\u00e9cits autobiographiques et d&rsquo;ouvrages non fictionnels.&nbsp; Elle estime qu\u2019elle gagne entre 5 000 et 10 000 euros par an et facture entre 300 et&nbsp; 800 euros la vid\u00e9o selon sa complexit\u00e9 et le temps qu\u2019elle lui demandera. Quant \u00e0&nbsp; Oc\u00e9ane, alias @oceadorable, qui s\u2019est d\u00e9marqu\u00e9e dans le genre de la dark romance,&nbsp; tr\u00e8s pl\u00e9biscit\u00e9 sur TikTok, elle touche entre 2 000 et 3 500 euros par mois et facture les contenus qu\u2019elle produit entre 950 et 1 200 euros en fonction de la taille de la&nbsp; maison d\u2019\u00e9dition et de sa grille tarifaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle du march\u00e9, ces tarifs restent raisonnables, mais certains vont bien au-del\u00e0.&nbsp; Marion Escud\u00e9, \u00e9ditrice et g\u00e9rante de l&rsquo;agence \u00e9ditoriale Miralta \u00c9dito \u00e9voque un&nbsp; bar\u00e8me li\u00e9 au nombre d\u2019abonn\u00e9s : <em>\u00ab Pour un compte de 100 000 abonn\u00e9s, la vid\u00e9o&nbsp; tournera autour de 1 000 euros, et plus le nombre d\u2019abonn\u00e9s cro\u00eet plus les prix seront&nbsp; \u00e9lev\u00e9s. On peut atteindre jusqu\u2019\u00e0 6 000 euros pour la publication d\u2019un contenu. \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le renouveau de la prescription litt\u00e9raire&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9atrice de contenu @oceadorable, qui refuse de se d\u00e9finir comme critique ou&nbsp; comme influenceuse, met en lumi\u00e8re un autre facteur essentiel : le sentiment de&nbsp; proximit\u00e9. <em>\u00ab On retire \u00e0 la litt\u00e9rature ce c\u00f4t\u00e9 snob qui fait peur \u00e0 de nombreux jeunes&nbsp; et on parle comme on parlerait \u00e0 nos amis de nos lectures. \u00bb<\/em> Cette dynamique explique&nbsp; en partie pourquoi 91 % des 15-24 ans d\u00e9clarent que la pr\u00e9sence d\u2019un auteur ou d\u2019un&nbsp; livre sur Internet leur donne envie de l\u2019acheter, et 79 % sont influenc\u00e9s par les discussions en ligne et les conseils des r\u00e9seaux sociaux, selon les chiffres&nbsp; communiqu\u00e9s par le Centre National du Livre en 2025.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9cile Barthe-Rabot, professeure des universit\u00e9s en sociologie et responsable du&nbsp; master m\u00e9tiers du livre \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Nanterre, les ph\u00e9nom\u00e8nes BookTok et&nbsp; Bookstagram red\u00e9finissent les figures de prescription. L\u2019on passe d\u2019une prescription&nbsp; institutionnelle \u00e0 une prescription communautaire et ce glissement du haut vers le bas&nbsp; est au c\u0153ur de la logique des r\u00e9seaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lire avec BookTok et Bookstagram c\u2019est lire&nbsp; de fa\u00e7on rapide, collective, \u00e9motionnelle et en phase avec les pratiques num\u00e9riques&nbsp; des 18-25 ans. La lecture devient alors un objet de partage, de performance sociale et&nbsp; de viralit\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Devenir apprenti BookToker : la recette du succ\u00e8s&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><em>Ingr\u00e9dients :<\/em><\/strong><strong> <\/strong>un m\u00e9lange d\u2019\u00e9motions et d\u2019astuces visuelles, le tout servi par un algorithme surpuissant qui red\u00e9finit les codes de la lecture.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Temps de pr\u00e9paration :<\/em> 30 secondes \u00e0 10 minutes&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ustensiles : <\/em>un t\u00e9l\u00e9phone portable et une bonne connexion Internet&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tape 1 : Avant de filmer, trouvez votre style, la marque de fabrique visuelle qui aidera les utilisateurs \u00e0 vous identifier. Installez-vous dans un environnement tr\u00e8s color\u00e9 et surtout soyez enthousiaste. D\u00e8s que la vid\u00e9o commence, ouvrez grand les yeux et souriez. Adoptez une posture qui incite l\u2019autre \u00e0 rester, qui lui laisse de la place.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tape 2 : \u00bb Faites du \u00ab content&nbsp; layering \u00bb : dites et faites deux choses qui n\u2019ont pas du tout l\u2019air li\u00e9es en apparence pour surprendre l\u2019auditoire, ne sous-estimez pas le rythme et le divertissement propres \u00e0 la&nbsp; plateforme<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tape 3 : Mobilisez, inconsciemment, les ressorts de la&nbsp; rh\u00e9torique classique : l\u2019\u00e9thos, le logos et le pathos ou, dit plus simplement, la dimension morale, rationnelle et affective d\u2019un discours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tape 4 : \u00c0 l\u2019aide de ces codes visuels et affectifs finement cisel\u00e9s, stimulez des r\u00e9flexes cognitifs pr\u00e9cis. Utilisez une musique \u00e0 la mode, tutoyez l\u2019utilisateur, donnez l\u2019impression que vous vous adressez \u00e0 un ami : BookTok et Bookstagram vendent une sensation, un moment partag\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tape 5 : Mettez le r\u00e9sultat en ligne et d\u00e9gustez bien chaud : les ph\u00e9nom\u00e8nes de mode sont tr\u00e8s rapides sur les r\u00e9seaux sociaux et votre vid\u00e9o risque de p\u00e9rimer en un rien de temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Une recette \u00e9crite gr\u00e2ce \u00e0 Magali Bigey, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en Information-Communication, et \u00e0 Marion Escud\u00e9, \u00e9ditrice qui accompagne des maisons d\u2019\u00e9dition et des auteurs dans leur&nbsp; strat\u00e9gie sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>QUAND L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE PERCUTE LES DROITS D\u2019AUTEUR<\/strong><br><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Les droits d\u2019auteur aujourd\u2019hui<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les droits d\u2019auteur, c\u2019est ce que per\u00e7oit l\u2019auteur ou l\u2019autrice \u00e0 chaque vente de son livre. Il per\u00e7oit aussi une avance, vers\u00e9e par l\u2019\u00e9diteur avant la publication. L\u2019oeuvre de l\u2019auteur est un capital et il peut en tirer des fruits toute sa vie &#8211; jusqu\u2019\u00e0 70 ans post-mortem. Ces droits permettent \u00e9galement de contr\u00f4ler les usages qui en sont faits. Comme l\u2019explique S\u00e9bastien Hauti\u00e8re, avocat et directeur d\u2019un cabinet de&nbsp; conseil sp\u00e9cialis\u00e9 dans le droit de la propri\u00e9t\u00e9 industrielle : c\u2019est <em>\u00ab la protection qui&nbsp; porte sur les \u0153uvres de l\u2019esprit comme le brevet porte sur les innovations&nbsp; techniques \u00bb<\/em>. Autre caract\u00e9ristique : les droits d\u2019auteur reviennent n\u00e9cessairement \u00e0 une personne&nbsp; physique, ils ne peuvent pas \u00eatre touch\u00e9s directement par une personne morale&nbsp; (comme une soci\u00e9t\u00e9, par exemple).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1,52\u20ac touch\u00e9 pour un livre \u00e0 20\u20ac vendu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les enqu\u00eates chiffr\u00e9es sur le sujet sont rares, la Soci\u00e9t\u00e9 des Gens de Lettres estime&nbsp; \u00e0 environ 101 600 le nombre d\u2019auteurs en France \u00e0 ce jour. Mais rares sont ceux qui vivent de leur plume. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e fin 2022 par la Soci\u00e9t\u00e9 civile des auteurs&nbsp; multim\u00e9dia (SCAM) et la Soci\u00e9t\u00e9 des gens de lettres (SGDL), seuls 22\u202f% des auteurs&nbsp; gagnent plus de la moiti\u00e9 de leurs revenus gr\u00e2ce \u00e0 leurs livres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les droits d\u2019auteur sont pay\u00e9s par les \u00e9diteurs via un contrat d\u2019\u00e9dition. Des soci\u00e9t\u00e9s&nbsp; de gestion collective peuvent aussi reverser des droits, par exemple pour le pr\u00eat en&nbsp; biblioth\u00e8ques ou pour la copie priv\u00e9e du livre. La r\u00e9mun\u00e9ration qu\u2019un auteur touche oscille entre 6% et 10% du prix public hors taxe d\u2019un livre vendu. Pour les formats Poche, la&nbsp; r\u00e9mun\u00e9ration est plus basse (autour de 5%) que pour un grand format (entre 8% et&nbsp; 10%). Le num\u00e9rique explose les scores (entre 20% et 30%) mais les ventes sont&nbsp; minimes et le prix de vente souvent bien plus bas qu\u2019un livre papier.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple : un livre \u00e0 20\u20ac TTC (environ 19\u20ac HT) permet \u00e0 un auteur r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 8%&nbsp; de toucher 1,52\u20ac par exemplaire vendu.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019IA bient\u00f4t r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e par les droits d\u2019auteur ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019oeuvre a \u00e9t\u00e9 produite par plusieurs auteurs, les droits d\u2019auteur peuvent \u00eatre subdivis\u00e9s en deux cat\u00e9gories : les oeuvres dites de collaboration, sign\u00e9es par plusieurs personnes physiques dont l\u2019action est identifiable, et les oeuvres collectives, o\u00f9 il est impossible de d\u00e9terminer la part de chaque acteur dans l\u2019\u00e9laboration de l\u2019oeuvre et donc d\u2019attribuer des droits distincts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais depuis que l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative est accessible au plus grand nombre, de nombreux&nbsp; questionnements li\u00e9s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et aux droits d\u2019auteur surgissent. <em>\u00ab Si&nbsp; l\u2019IA g\u00e9n\u00e8re une \u0153uvre qui rel\u00e8ve de la qualification d\u2019\u0153uvre de la propri\u00e9t\u00e9&nbsp; intellectuelle, la vraie question est : qui a cr\u00e9\u00e9 l\u2019\u0153uvre ? L\u2019IA n\u2019est pas une personne&nbsp; morale, c\u2019est un outil, <\/em>rappelle S\u00e9bastien Hauti\u00e8re. <em>Est-ce que le cr\u00e9ateur est la soci\u00e9t\u00e9&nbsp; qui d\u00e9tient l\u2019IA ? Je ne crois pas, parce qu\u2019on ne peut pas avoir de droits ab initio sur&nbsp; une personne morale. Il reste le concepteur de l\u2019IA. Mais est-ce qu\u2019il est cr\u00e9ateur&nbsp; individuel ou est-ce que c\u2019est une \u0153uvre collective ou de collaboration ? Les gens&nbsp; d\u00e9veloppent rarement une IA tout seul\u2026 Ou est-ce que c\u2019est l\u2019utilisateur, du fait des&nbsp; requ\u00eates sp\u00e9cifiques qu\u2019il \u00e9met ? \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le probl\u00e8me du plagiat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019apparition d\u2019une IA g\u00e9n\u00e9rative entra\u00een\u00e9e \u00e0 partir du contenu disponible sur Internet et susceptible de commettre des textes plagi\u00e9s, la d\u00e9finition d\u2019\u0153uvre qui \u00e9tait entendue jusque-l\u00e0 comme une production de&nbsp; \u00ab l\u2019esprit \u00bb, celle d\u2019 \u00ab auteur \u00bb ou de \u00ab propri\u00e9taire d\u2019une \u0153uvre \u00bb, ainsi que l\u2019attribution des&nbsp; droits d\u2019auteur vacillent.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que ChatGPT n\u2019\u00e9tait pas encore cr\u00e9\u00e9, en 2019, une directive europ\u00e9enne sur le droit d\u2019auteur a d\u00e9fini le principe de l\u2019 \u00ab opt&nbsp; out \u00bb appliqu\u00e9 au \u00ab text and data mining \u00bb. Le data mining, c\u2019est l\u2019autorisation de&nbsp; reproduction d\u2019\u0153uvres non prot\u00e9g\u00e9es sans demandes pr\u00e9alables lorsqu\u2019elle est faite \u00e0 des fins d\u2019exploration des textes et des donn\u00e9es disponibles sur Internet. Toutefois, les ayants-droits peuvent s\u2019y opposer explicitement et exercer un droit d\u2019 \u00ab opt out \u00bb&nbsp; gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation de m\u00e9tadonn\u00e9es techniques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si cette directive \u00e9tait bel et bien appliqu\u00e9e, elle permettrait de lutter contre l&rsquo;absorption massive de donn\u00e9es qui servent \u00e0 \u00e9duquer l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative ; elle prot\u00e9gerait les auteurs contre le vol de leur \u0153uvre. Mais elle est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 obsol\u00e8te : l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative de 2025 ne respecte pas les barri\u00e8res virtuelles pos\u00e9es par l\u2019 \u00ab opt out \u00bb de 2019.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IL \u00c9TAIT UNE FOIS, DANS UN MONDE O\u00d9 L\u2019IA \u00c9TAIT \u00c9CRIVAIN\u2026\u00a0<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><em>L\u2019intelligence artificielle, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019intelligence artificielle g\u00e9n\u00e9rative avec&nbsp; Chat GPT, l\u2019agent conversationnel d\u2019Open AI, bouleverse les codes de la production&nbsp; intellectuelle et artistique depuis 2022. Dans le secteur de l\u2019\u00e9dition, en France, on la&nbsp; consid\u00e8re pour l\u2019instant comme un outil mais le flou juridique et la permissivit\u00e9 qui&nbsp; l\u2019entourent pourrait bien en faire une menace pour la cr\u00e9ation litt\u00e9raire.&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En mars 2025, les journalistes du Nouvel Obs ont eu l\u2019id\u00e9e de confronter pour la&nbsp; premi\u00e8re fois le talent d\u2019un \u00e9crivain, Herv\u00e9 Le Tellier, laur\u00e9at du Prix Goncourt 2020,&nbsp; et les capacit\u00e9s d\u2019\u00e9criture de ChatGPT. Selon le romancier, le r\u00e9sultat est \u00ab bluffant \u00bb.&nbsp; La version de la machine propose des effets de styles inventifs, une agilit\u00e9 narrative&nbsp; surprenante, de nombreuses trouvailles et m\u00eame des touches d\u2019humour. De l\u00e0 \u00e0 dire&nbsp; que l\u2019IA est un auteur comme les autres, il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026 Les fantasmes autour de&nbsp; l\u2019intelligence artificielle sont l\u00e9gion et les r\u00e9ponses aux questions qu\u2019elle soul\u00e8ve sont&nbsp; encore trop rares. Malgr\u00e9 tout, le secteur de l\u2019\u00e9dition s\u2019en empare progressivement et&nbsp; la consid\u00e8re aussi bien comme un outil qui fera progresser le m\u00e9tier d\u2019\u00e9diteur que&nbsp; comme une menace pour le statut d\u2019\u00e9crivain et pour les \u0153uvres dites \u00ab de l\u2019esprit \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019IA, un outil comme les autres ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une petite mise au point s\u2019impose : aujourd\u2019hui, l\u2019intelligence artificielle est tout autour&nbsp; de nous. Ces mots peuvent \u00e9voquer dans les esprits soucieux la prise de contr\u00f4le des&nbsp; robots sur l\u2019esp\u00e8ce humaine et pourtant les quatre types d\u2019IA actuellement en usage&nbsp; ne sont pas tous tr\u00e8s mena\u00e7ants.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019IA r\u00e9active r\u00e9agit \u00e0 des stimuli imm\u00e9diat et n\u2019a aucune m\u00e9moire (ex : syst\u00e8me de&nbsp; d\u00e9tection d\u2019obstacles d\u2019une voiture), l\u2019IA \u00e0 m\u00e9moire limit\u00e9e tient compte des donn\u00e9es&nbsp; pass\u00e9es pour prendre des d\u00e9cisions (ex : Netflix), l\u2019IA adaptative prend des d\u00e9cisions&nbsp; complexes et apprend de ses erreurs (ex : d\u00e9termination de protocoles personnalis\u00e9s&nbsp; en m\u00e9decine), et enfin l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative produit du contenu \u00ab nouveau \u00bb et pose de&nbsp; nombreux enjeux \u00e9thiques.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019instant, les maisons d\u2019\u00e9dition qui s\u2019emparent de l\u2019IA s\u2019en servent comme d\u2019un&nbsp; outil. Chez Robert Laffont, Elise Iwasinta, la directrice marketing adjointe de la maison&nbsp; membre du groupe Editis, explique : <em>\u00ab On demande \u00e0 nos auteurs de ne pas utiliser&nbsp; l\u2019IA pour \u00e9crire leurs romans et nous nous engageons \u00e0 ne pas l\u2019utiliser pour retravailler&nbsp; les romans. En revanche, sur la partie marketing et sur des parties plus administratives&nbsp; et commerciales, on commence \u00e0 l\u2019utiliser. On y a recours pour la cr\u00e9ation de contenu&nbsp; d\u2019images ou de vid\u00e9os promotionnelles autour d\u2019un livre ou pour faire des campagnes&nbsp; de publicit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux. Mais<\/em>, pr\u00e9cise-t-elle, <em>nous conservons toujours un&nbsp; regard humain et retravaillons le r\u00e9sultat. Pour l\u2019instant, ce n\u2019est pas encore assez performant pour qu\u2019on la laisse rouler toute seule. \u00bb&nbsp;<\/em>Robert Laffont utilise \u00e9galement l\u2019IA pour g\u00e9n\u00e9rer les m\u00e9tadonn\u00e9es du livre, c\u2019est-\u00e0 dire tous les mots-cl\u00e9s qui ne sont pas visibles mais qui sont associ\u00e9s \u00e0 un livre pour&nbsp; permettre aux algorithmes des diff\u00e9rents sites revendeurs de bien les classer et de les&nbsp; mettre en avant en fonction des termes recherch\u00e9s par les utilisateurs. \u00c0 ce jour,&nbsp; l\u2019investissement de la maison dans le secteur de l\u2019IA ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve qu\u2019\u00e0 quelques milliers&nbsp; d\u2019euros par an. <em>\u00ab On n\u2019en est qu\u2019au d\u00e9but, ce budget augmentera s\u00fbrement pas la&nbsp; suite, <\/em>confie Elise Iwasinta. <em>Les premi\u00e8res campagnes de vid\u00e9os qu\u2019on a faites avec&nbsp; l\u2019IA, remontent seulement \u00e0 la fin d\u2019ann\u00e9e 2024. \u00bb<\/em> <strong>L\u2019IA \u00e9chappe encore au droit&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le cas de Robert Laffont n\u2019est pas une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. De nombreux acteurs des m\u00e9tiers&nbsp; du livre se m\u00e9fient de l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative. Ils d\u00e9noncent le piratage de livre par Meta pour&nbsp; entra\u00eener son IA, le plagiat des illustrations de professionnels, le clonage vocal pour&nbsp; publier des livres audios, et pointent du doigt les publications au contenu erron\u00e9 qui&nbsp; pullulent sur des sites comme Kindle Direct Publishing, le site d\u2019auto\u00e9dition d\u2019Amazon.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si certains \u00e9diteurs, comme Robert Laffont, mettent en place des verrous num\u00e9riques&nbsp; pour \u00e9viter que les ouvrages se retrouvent sur des sites de t\u00e9l\u00e9chargement ill\u00e9gaux,&nbsp; d\u2019autres, comme Les \u00c9ditions H\u00e9lo\u00efse d\u2019Ormesson, estiment qu\u2019il est s\u00fbrement d\u00e9j\u00e0&nbsp; trop tard. <em>\u00ab On n\u2019a pas de protection sp\u00e9cifique<\/em>, confie Alexandra Calmes, \u00e9ditrice de&nbsp; la maison. <em>C\u2019est un drame insoluble que nos cr\u00e9ations soient r\u00e9utilis\u00e9es par l\u2019IA et je&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>pense que tout le monde a un peu l\u00e2ch\u00e9 l\u2019affaire. Jamais ChatGPT ne cr\u00e9ditera quoi&nbsp; que ce soit. \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du probl\u00e8me \u00e9thique li\u00e9 \u00e0 l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative, des probl\u00e9matiques juridiques se&nbsp; posent. En France, plusieurs leviers sont actionn\u00e9s pour prot\u00e9ger le livre et son auteur,&nbsp; tels qu\u2019une TVA r\u00e9duite de 20% \u00e0 5,5% pour les livres vendus, le prix unique du livre&nbsp; gr\u00e2ce \u00e0 la loi Lang, le r\u00e9gime fiscal sp\u00e9cial accord\u00e9 aux \u00e9crivains ou encore les droits&nbsp; d\u2019auteur. Mais \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019IA est sollicit\u00e9e pour participer activement \u00e0 la&nbsp; cr\u00e9ation d\u2019une \u0153uvre, m\u00e9rite-t-elle &#8211; ou son cr\u00e9ateur m\u00e9rite-t-il &#8211; de b\u00e9n\u00e9ficier de ces&nbsp; avantages ? Et en sachant que l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9e avec du contenu&nbsp; disponible en ligne, comme s\u2019assurer que ce qu\u2019elle r\u00e9gurgite n\u2019est pas du plagiat pur&nbsp; et simple ? L\u2019auteur qui fait appelle \u00e0 l\u2019IA produit-il encore une \u0153uvre de l\u2019esprit et&nbsp; peut-il exiger tous ces privil\u00e8ges juridiques et \u00e9conomiques ? Qui est responsable et&nbsp; propri\u00e9taire de l\u2019\u0153uvre publi\u00e9e ? L\u2019IA est-elle un pr\u00eate-plume comme un autre ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e9gulation se fait attendre&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019une question de temps avant que des embryons de r\u00e9ponses \u00e0&nbsp; ces questions soient rendus publics. En avril 2024, le minist\u00e8re de la Culture a annonc\u00e9 le lancement d\u2019une mission relative \u00e0 la&nbsp; r\u00e9mun\u00e9ration des contenus culturels utilis\u00e9s par les syst\u00e8mes d\u2019intelligence artificielle. Un an plus tard, un cycle de concertations&nbsp; entre les d\u00e9veloppeurs de mod\u00e8les d&rsquo;IA g\u00e9n\u00e9rative et les ayants droits culturels a \u00e9t\u00e9&nbsp; organis\u00e9. Ce cycle doit permettre aux diff\u00e9rents acteurs de l\u2019IA et du secteur de l\u2019\u00e9dition de se comprendre et de se rassembler autour d\u2019int\u00e9r\u00eats communs. On est encore loin d\u2019une r\u00e9gulation officielle et unilat\u00e9rale grav\u00e9e noir sur blanc.<em>\u00ab Le temps juridique n\u2019est pas le temps&nbsp; technique, <\/em>avertit S\u00e9bastien Hauti\u00e8re, avocat et propri\u00e9taire d\u2019un cabinet de conseil&nbsp; sp\u00e9cialis\u00e9 dans la propri\u00e9t\u00e9 industrielle.<em> La<\/em> <em>technique devance le commercial et le commercial devance le juridique.&nbsp; Aujourd\u2019hui, on fait face \u00e0 un outil qu\u2019on ma\u00eetrise peu, qui ne permet pas au commun des mortels de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. La r\u00e9glementation n\u2019existe pas au niveau international et c\u2019est un patchwork quand elle existe. \u00bb <\/em>Il estime&nbsp; cependant qu\u2019il est urgent d\u2019agir contre ce <em>\u00ab parasitisme \u00e9conomique \u00bb <\/em>qui peut&nbsp; s\u2019apparenter \u00e0 de la contrefa\u00e7on.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prot\u00e9ger le travail humain\u2026&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En attendant qu\u2019une r\u00e9ponse juridique \u00e9merge, des initiatives individuelles sont&nbsp; propos\u00e9es aux \u00e9diteurs. Nicolas Gorse, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9 de location de&nbsp; v\u00e9lo et trottinettes \u00e9lectriques Dott, a cr\u00e9\u00e9 le label \u00ab Cr\u00e9ation Humaine \u00bb en 2023. Le&nbsp; but ? Distinguer avec clart\u00e9 les \u0153uvres uniquement \u00e9crites par un esprit humain de&nbsp; celles r\u00e9dig\u00e9es par une IA. <em>\u00ab La cr\u00e9ation [litt\u00e9raire], c\u2019est sortir des mots qui viennent&nbsp; uniquement de votre cerveau et de tout ce que vous avez vu et ressenti dans votre&nbsp; vie. C\u2019est ce que nous devons pr\u00e9server, c\u2019est la cl\u00e9 de notre humanit\u00e9, de ce qui nous&nbsp; rassemble et de ce qui nous d\u00e9finit en tant qu\u2019esp\u00e8ce \u00bb<\/em>, assure-t-il.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La distribution de ce label distinctif co\u00fbte pour l\u2019instant 50 euros par oeuvre et se d\u00e9roule en quatre&nbsp; \u00e9tapes. La signature d\u2019un contrat d\u2019engagement certifiant l\u2019origine humaine de la&nbsp; cr\u00e9ation, la d\u00e9tection de l\u2019usage de l\u2019IA dans un logiciel propre au label, une interview&nbsp; s\u2019il y a un doute, et enfin la g\u00e9n\u00e9ration de la certification. Elle consiste en une empreinte&nbsp; g\u00e9n\u00e9r\u00e9e en 25 minutes qui permet de figer le texte. Chaque texte a une empreinte&nbsp; individuelle qui ne peut pas \u00eatre falsifi\u00e9e.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce jour, 250 auteurs ont fait usage de ce label. Nicolas Gorse est en contact avec&nbsp; des maisons d\u2019\u00e9dition mais aussi avec des g\u00e9ants de l\u2019intelligence artificielle pour&nbsp; g\u00e9n\u00e9raliser son projet. Si \u201cCr\u00e9ation Humaine\u201d ne prot\u00e8ge pas encore de l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative,&nbsp; l\u2019objectif final est de s\u2019assurer que l\u2019IA puisse percevoir si le texte labellis\u00e9 a&nbsp; adopt\u00e9 l\u2019opt-out. <em>\u00ab Mon ambition, c\u2019est qu\u2019on puisse authentifier les contenus humains,&nbsp; et s\u2019il ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas \u00eatre fouill\u00e9s par des IA g\u00e9n\u00e9ratives, que ces IA puissent le&nbsp; respecter \u00bb, <\/em>explique le cr\u00e9ateur du label. \u00c0 terme, il souhaiterait rendre ce label plus&nbsp; accessible et encore plus automatis\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2026 ou valoriser la collaboration avec l\u2019IA ?&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une autre initiative fran\u00e7aise s\u2019est inscrite, au contraire, dans la volont\u00e9 de r\u00e9concilier&nbsp; la cr\u00e9ation litt\u00e9raire et les technologies modernes. Jean-Charles Cointot, qui a&nbsp; consacr\u00e9 sa carri\u00e8re aux nouvelles technologies de l\u2019information et de la&nbsp; communication depuis la cr\u00e9ation d\u2019Internet, a cr\u00e9\u00e9 en 2024 une association&nbsp; \u00ab Cr\u00e9ation et IA \u00bb ainsi qu\u2019un label, \u00ab Faire.AI \u00bb.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Son objectif : promouvoir un usage transparent et honn\u00eate de l\u2019IA dans la cr\u00e9ation&nbsp;litt\u00e9raire, \u00e0 rebours des discours catastrophistes et des usages opaques. Le label&nbsp; atteste que l\u2019IA a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e de fa\u00e7on encadr\u00e9e et d\u00e9clar\u00e9e par l\u2019auteur. <em>\u00ab Il faut arr\u00eater&nbsp; les r\u00e9actions tr\u00e8s \u00e9motionnelles, <\/em>estime-t-il. <em>L\u2019IA, ce n\u2019est pas le diable, ce n\u2019est pas&nbsp; un auteur, c\u2019est un coach. \u00bb <\/em>Il rappelle que \u00ab depuis toujours, la technologie lib\u00e8re du&nbsp; temps pour mieux cr\u00e9er \u00bb. L\u2019IA peut donc aider \u00e0 enrichir ou \u00e0 structurer un r\u00e9cit, mais&nbsp; l\u2019\u00e9motion, la surprise et l\u2019originalit\u00e9 restent le propre de l\u2019humain. En revanche, il estime que la posture des auteurs qui s\u2019aident de l\u2019IA et ne le signalent pas est <em>\u00ab inadmissible.&nbsp; La posture du \u00ab pas vu pas pris \u00bb n\u2019est pas \u00e9thique et il faut se battre contre \u00e7a. \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le fonctionnement du label est simple : l\u2019auteur indique qu\u2019il a utilis\u00e9 l\u2019IA, puis son texte&nbsp; est analys\u00e9 par les filtres mis en place par l\u2019association. Le livre est enti\u00e8rement pass\u00e9&nbsp; au crible : id\u00e9es, synopsis, descriptions, effets de style, structure\u2026 Chaque \u00e9l\u00e9ment&nbsp; est analys\u00e9 par des logiciels d\u2019IA pour d\u00e9terminer o\u00f9 l\u2019IA est intervenue et si elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans des&nbsp; proportions tol\u00e9rables : elle sait d\u00e9tecter sa propre empreinte. Les auteurs peuvent bien \u00e9videmment essayer de tromper la&nbsp; machine et pr\u00e9tendre qu\u2019ils se sont peu servis de l\u2019IA, mais Jean-Charles Cointot&nbsp; estime <em>: \u00ab On n\u2019est pas l\u00e0 pour faire la police, on est l\u00e0 pour remettre de l\u2019\u00e9thique dans&nbsp; l\u2019\u00e9criture avec l\u2019IA. Et cette d\u00e9marche \u00e9thique s\u2019accompagne d\u2019une d\u00e9marche&nbsp; responsable. Nous avons un formidable outil \u00e0 notre disposition mais ce serait&nbsp; dramatique que des abus entra\u00eenent un rejet collectif. \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu de sa d\u00e9marche est de valoriser l\u2019hybridation cr\u00e9ative entre l\u2019humain et l\u2019IA&nbsp; sans d\u00e9valoriser l\u2019\u0153uvre. <em>\u00ab Au fond, qui donne un sens et une valeur \u00e0 un livre ? C\u2019est&nbsp; le lecteur. Donc, si je lis un bouquin qui me pla\u00eet et qu\u2019on me dit <\/em>\u00ab L \u2019auteur a vraiment&nbsp; beaucoup utilis\u00e9 l\u2019IA \u00bb<em>, je dirais <\/em>\u00ab C\u2019est formidable, je m\u2019en fiche \u00bb, <em>car ce qui compte&nbsp; ce que j\u2019aie ador\u00e9 ce bouquin et qu\u2019il m\u2019ait remu\u00e9. \u00bb<\/em>, assure Jean-Charles Cointot.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le moment, seuls deux romans publi\u00e9s aux \u00c9ditions du Figuier ont utilis\u00e9 ce syst\u00e8me, dont un que Jean-Charles Cointot a lui-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9, mais l\u2019\u00e9crivain et chef d\u2019entreprise esp\u00e8re \u00e0 terme que d\u2019autres maisons s\u2019int\u00e9resseront \u00e0 sa solution. Le directeur \u00e9ditorial des \u00c9ditions du Figuier, Emmanuel Roussel explique : <em>\u00ab Apposer ce logo, c\u2019est une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre transparent. En tant qu\u2019\u00e9diteur,&nbsp; je pr\u00e9f\u00e8re dire : \u201coui, on utilise l\u2019IA, voil\u00e0 comment, et pourquoi.\u201d Il y a un gros travail&nbsp; p\u00e9dagogique \u00e0 faire [aupr\u00e8s des libraires et de certains lecteurs], mais il est&nbsp; n\u00e9cessaire. C\u2019est une mani\u00e8re d\u2019ouvrir le champ des possibles, de multiplier la&nbsp; cr\u00e9ativit\u00e9. \u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Entre fascination technologique, d\u00e9bats juridiques et vertige \u00e9thique, l\u2019intelligence&nbsp; artificielle interroge la d\u00e9finition d\u2019un auteur, d\u2019une \u0153uvre et, indirectement, d\u2019un&nbsp; lecteur. Dans l\u2019attente de r\u00e9glementations claires et de la d\u00e9mocratisation d\u2019initiatives&nbsp; isol\u00e9es mais prometteuses, l\u2019IA s\u2019immisce dans ce vide juridique et le secteur de l\u2019\u00e9dition vit une r\u00e9volution insidieuse mais bien r\u00e9elle. Si le L\u00e9gislateur peine \u00e0 r\u00e9agir, les acteurs du livre prennent les choses en main et esp\u00e8rent faire \u00e9voluer la loi : en mars 2025 le Syndicat national de l\u2019\u00e9dition&nbsp; (SNE), la Soci\u00e9t\u00e9 des Gens de Lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et&nbsp; des compositeurs (SNAC) ont agi en justice contre Meta devant la 3e chambre du Tribunal judiciaire de Paris. Les plaignants r\u00e9clament le respect du droit d\u2019auteur et, notamment, le retrait complet des r\u00e9pertoires de donn\u00e9es cr\u00e9\u00e9s sans autorisation et&nbsp; utilis\u00e9s pour entra\u00eener les IA. Il s\u2019agit de la premi\u00e8re action judiciaire en France visant \u00e0 faire respecter les droits d\u2019auteur et \u00e0 modifier le mod\u00e8le d\u2019entra\u00eenement de l\u2019IA.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>QUATRE QUESTIONS \u00c0 JULIEN CHOURAQUI, DIRECTEUR JURIDIQUE DU&nbsp; SYNDICAT NATIONAL DE L\u2019\u00c9DITION&nbsp;<\/strong><br><strong>Quelle est la position du SNE sur l\u2019usage de l\u2019IA dans le secteur de l\u2019\u00e9dition ?&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Nous n\u2019avons pas de vell\u00e9it\u00e9 d\u2019interdire l\u2019IA dans le processus cr\u00e9atif. Ce serait&nbsp; totalement contre-productif : aujourd\u2019hui, m\u00eame le traitement de texte utilise l\u2019IA. Pour&nbsp; l\u2019instant, l\u2019intelligence artificielle peut constituer un outil d\u2019aide \u00e0 la cr\u00e9ation sans pour&nbsp; autant se substituer au v\u00e9ritable travail d\u2019un auteur et de la cr\u00e9ation humaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De notre c\u00f4t\u00e9, juridiquement, les choses semblent \u00eatre bord\u00e9es. Nos contrats d\u2019\u00e9dition&nbsp; sont IA-proof en quelque sorte, puisqu\u2019ils stipulent que l\u2019auteur doit remettre un&nbsp; manuscrit original, c\u2019est-\u00e0-dire une \u0153uvre de l\u2019esprit. L\u2019appropriation de l\u2019intelligence&nbsp; artificielle va se faire par touche dans les processus \u00e9ditoriaux pour g\u00e9n\u00e9rer des&nbsp; argumentaires promotionnels ou tout ce qui qui entoure la cr\u00e9ation sans en \u00eatre&nbsp; vraiment.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, d\u00e8s lors que des syst\u00e8mes d\u2019intelligence artificielle se nourrissent des&nbsp; \u0153uvres sans demander d\u2019autorisation, on entre dans un cadre juridique qui&nbsp; n\u00e9cessiterait d\u2019\u00eatre perfectionn\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le SNE a-t-il des attentes pr\u00e9cises en mati\u00e8re de r\u00e9gulation l\u00e9gislative de l\u2019IA&nbsp; g\u00e9n\u00e9rative ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, notamment sur la question de la transparence et de l\u2019application effective de l\u2019opt&nbsp; out. Il faut que l\u2019IA cesse d\u2019utiliser les contenus \u00e0 des fins d\u2019entra\u00eenement sans&nbsp; autorisation et que l\u2019on mette en place diligence raisonn\u00e9e sur la tra\u00e7abilit\u00e9 des&nbsp; donn\u00e9es utilis\u00e9es.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, la profession a mis en place des m\u00e9tadonn\u00e9es pour exprimer cet opt-out&nbsp; mais on constate que ce n\u2019est pas toujours respect\u00e9. Des \u00e9diteurs ont pu d\u00e9tecter le&nbsp; comportement de certains robots qui, malgr\u00e9 le bloquage du data mining, continuaient&nbsp; de r\u00e9cup\u00e9rer des donn\u00e9es sur leur site.&nbsp;L\u2019enjeu est majeur pour nous : comment faire valoir nos droits par rapport \u00e0 des&nbsp; utilisations non autoris\u00e9es ? Dans aucun march\u00e9, on n\u2019impose \u00e0 un fournisseur de&nbsp; donner gratuitement sa marchandise !&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment s\u2019assurer que l\u2019IA n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans le processus cr\u00e9atif des&nbsp; auteurs ?&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait faire un travail d\u2019analyse au cas par cas, pour savoir si l\u2019interaction de l\u2019auteur&nbsp; avec l\u2019IA a effac\u00e9 l\u2019empreinte de sa personnalit\u00e9. Si l\u2019auteur propose ce texte r\u00e9dig\u00e9&nbsp; de mani\u00e8re brute par l\u2019IA sans le retravailler, il n\u2019y a pas de travail de l\u2019humain et de ce&nbsp; fait, il ne s\u2019agira plus d\u2019une \u0153uvre de l\u2019esprit, ce ne sera plus une \u0153uvre originale.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, si l\u2019auteur part de la base donn\u00e9e par l\u2019IA, la r\u00e9\u00e9crit tr\u00e8s largement et en&nbsp; modifie la forme pour v\u00e9ritablement se l\u2019approprier, l\u00e0 on est sur un travail d\u2019auteur qui&nbsp; pourra donner lieu \u00e0 une protection du droit d\u2019auteur. Mais il y a une infinit\u00e9 de&nbsp; nuances, c\u2019est assez complexe et, \u00e0 terme, il faudra mettre en place un travail de&nbsp; transparence entre l\u2019auteur et l\u2019\u00e9diteur en ce qui concerne l\u2019usage de l\u2019IA.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi ne pas relancer les d\u00e9bats sur la loi de 2019 au niveau europ\u00e9en ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Livrer un nouveau combat de cette intensit\u00e9 aujourd\u2019hui sur un sujet aussi sensible me&nbsp; semble assez p\u00e9rilleux. Les positions en faveur du droit d\u2019auteur sont nuanc\u00e9es par&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019objectif de faciliter au niveau europ\u00e9en des politiques d\u2019innovation. Cette position&nbsp; politique met en confrontation innovation et r\u00e9gulation et ne fait que reprendre les&nbsp; arguments des syst\u00e8mes d\u2019IA.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il ne peut exister de march\u00e9 europ\u00e9en de l\u2019IA comp\u00e9titif et performant que&nbsp; si l\u2019on compte sur nous, les sources, les \u00e9diteurs, pour travailler en partenaire et que&nbsp; l\u2019on ne r\u00e9cup\u00e8re par des donn\u00e9es de mani\u00e8re indistincte et clandestine. Les IA&nbsp; gagneraient \u00e0 organiser un march\u00e9 qui passe par une autorisation : nous serions en&nbsp; capacit\u00e9 de fournir, en fonction de leurs demandes, un flux de donn\u00e9es bien structur\u00e9,&nbsp; bien r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s, avec les bonnes m\u00e9tadonn\u00e9es. C\u2019est essentiel quand on construit le&nbsp; mod\u00e8le d\u2019apprentissage automatique de l\u2019IA, et nous devons lutter contre ce pillage.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOOKTOK ET BOOKSTAGRAM : LES RECETTES DU SUCC\u00c8S&nbsp; Les r\u00e9seaux sociaux sont devenus un incontournable de la prescription litt\u00e9raire. 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